Trouble obsessionnel-compulsif
Le 28 février 2007, dans le cadre des conférences familles/proches organisées conjointement par L’Apogée et le Centre hospitalier Pierre-Janet (CHPJ), M. Jean Pagé, agent des relations humaines, à la Clinique des troubles anxieux du CHPJ, donnait une conférence intitulée Le trouble obsessionnel-compulsif (TOC) : définitions, traitements et aspects familiaux. En voici les grandes lignes.
 
Le trouble obsessionnel-compulsif (TOC)
 
En premier lieu, M. Pagé précise qu’il s’agit d’un trouble et non pas d’une maladie. Selon lui, la distinction entre trouble et maladie est qu’on ne peut pas expliquer les causes d’un trouble, tandis que l’on connaît les causes (internes ou externes) d’une maladie. Un trouble est une modification pathologique d’un organe ou d’une fonction physique ou psychologique d’un individu. Il s’agit d’une perturbation, d’un désordre.
 
Le TOC comporte la présence d’une anxiété nettement exagérée qui empêche la personne de bien fonctionner dans la vie de tous les jours et ce, de façon significative. La personne qui a un trouble obsessionnel-compulsif se sent menacée par un danger imminent et indéterminé et elle vit un état de malaise, d’agitation, de désarroi, d’impuissance. Le danger anticipé peut provenir d’un événement extérieur ou de l’intérieur de la personne elle-même (une pensée, une sensation physique).
 
Le TOC se caractérise par la présence d’obsessions et/ou de compulsions et d’une perturbation importante du fonctionnement. Le TOC entraîne des sentiments importants de détresse ainsi qu’une perte de temps considérable (plus d’une heure par jour) et il interfère de façon significative avec les activités habituelles de la personne, qu’il s’agisse d’activités professionnelles ou sociales.
 
Obsessions et compulsions
 
Une obsession est une pensée, une impulsion ou une image récurrente et persistante ressentie comme étant intrusive et inappropriée. Elle donne lieu à une détresse importante chez la personne qui déploie d’importants efforts pour la neutraliser par d’autres pensées ou par des actions. Un exemple d’obsession : la personne aperçoit un avion dans le ciel et elle craint qu’il ne s’écrase. Cette pensée est jugée inappropriée par la personne qui craint que, justement le fait d’avoir pensé à cette possibilité, pourrait causer l’écrasement de l’avion.
 
Une compulsion est un comportement ou un acte mental répétitif que la personne se sent poussée à accomplir en réponse à une obsession. Les compulsions sont destinées à neutraliser le sentiment de détresse ressenti et à empêcher une situation ou un événement redouté. Dans l’exemple de la personne qui craint qu’un avion aperçu ne s’écrase, la compulsion pourrait être de prier pour que l’avion ne s’écrase pas.
 
Les thèmes classiques d’obsessions et de compulsions
 
Les thèmes les plus classiques d’obsessions sont ceux de la contamination (saletés, germes, sécrétions, etc.), les thèmes associés au malheur dû à l’erreur (poêle allumé, robinet ouvert, etc.), à la sexualité (viol, exhibitionnisme), l’agressivité (voie de fait sur un passant dans la rue), l’ordre, la symétrie.
 
Les compulsions associées sont : le lavage, le nettoyage, les évitements (ne pas toucher, par exemple) dans le cas de la contamination ; les vérifications dans le cas du malheur/erreur ; les rituels mentaux (penser à autre chose, prier) dans le cas de la sexualité, agressivité ; et l’ordre et le rangement dans le cas des obsessions d’ordre et de symétrie.
 
L’évitement
 
Dans un TOC, la présence de multiples obsessions avec un besoin de les neutraliser à chaque fois, par une compulsion ou un rituel souvent long et pénible à accomplir, va porter la personne à faire toutes sortes de manoeuvres d’évitement. Tout comme les compulsions ou rituels, l’évitement vise à faire diminuer le malaise causé par l’obsession.
 
Prévalence
 
Le taux de prévalence à vie est estimé entre 2 % et 3 % (un adulte sur 40 environ). Le TOC affecte en nombre égal hommes et femmes et est le quatrième trouble mental en importance, juste derrière la dépression, les abus de substances et les phobies. Les symptômes d’un TOC se développent habituellement de façon graduelle et débutent chez les garçons entre 16 et 25 ans, et chez les filles, entre 20 et 29 ans. Il y a peu de guérisons.
 
Les traitements
 
Certains antidépresseurs ont un effet anti-obsessionnel. Il existe également une psychothérapie spécialisée pour le TOC : il s'agit de la thérapie cognitovo-comportementale qui vise à modifier les comportements dysfonctionnels causés par le TOC ainsi que les croyances erronées sur les obsessions et les compulsions.
 
Conseils aux proches :
 
  • Être informé le mieux possible sur le TOC;
  • Partager ces informations, y compris avec la personne ayant un TOC;
  • Diminuer les critiques adressées à la personne ayant un TOC;
  • Chercher à encourager chez elle tout ce qui n’est pas un comportement TOC;
  • Veiller à ne faciliter ni ses évitements ni ses compulsions;
  • Ne pas participer à ses compulsions;
  • Ne pas tolérer les comportements domestiques aberrants;
  • Chercher à encourager tout ce qui n’est pas un comportement TOC.
 
 
Source : L’Écho-Secours, bulletin d’information de L’Apogée, mai à août 2007
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